lunes, 23 de diciembre de 2013

LUMIÈRE



Les dancings étaient fermés, il faisait froid dans les maisons, on ne sortait de sa ville que pour aller chercher de la nourriture dans les fermes et, au moins pour ce qui concerne Paris, les théatres ne déemplaissent pas. Les fenêtres des escaliers étaient badigeonnées de bleu, dans les appartements il était obligatoire de calfeutrer les fenêtres et un volontire local appelé "Chef d'îlot" s'assurait, en passant dans les rues, que le black-out était bien observé; si une limière filtrait d'une fenêtre, il donnait un coup de sifflet d'avertissement. Aucun monument n'était éclaré et sourtout par la tour Eiffel; bref, il s'agissait, pour les Allemands et le gouvernement de Pétain, d'avoir la certitude que Paris n'était pas repérable vu d'avion. Ce qui n'empêcha guère les Anglais, en 1943, de bombarder le quartier de La Chapelle et particulièrement l'immense magasin Dufayel, due de Clignancourt, où l'on avait entreposé je ne sais quoi. Paris ne méritait vraiment plus le sournom de ville-lumière, chaque personne sortant le soir était munie d'unie petite lampe électrique qu'elle allumait de la sortie du metro jusqu'à chez elle afin de ne pas buter dans les trottoirs; d'après mes souvenirs, le film de Sacha Guitry, Donne-moi tes yeux, est le seul à rendre compte fidèlement de cette realité du black-out.
Pour montrer à quel point les intructions de black-out étaient strictement observées, il me suffira d'indiquer qu'il n'était pas rare d'entendre des couples d'amoureux faire l'amour das la rue, debout, devant des portes cochère. Mon jeune âge à l'époque ne me permet, hélas, de ne déposer ici que comme témoin auditif.

François Truffaut, en el prólogo de Le cinéma de l'occupation et de la résistance de André Bazin.


P.D. La foto esá tomada de aquí.

Miguel Ángel Maya
23 de diciembre de 2013

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